Dans un style racinien, parce que je fais un peu une hyperfixation sur son style en ce moment.
MEDEE.
Tu connaîtras ma rage en de longs mots, Jason
Mais tu sais déjà de quoi il est question.
Toi l’infâme, tu m’ordonnes de m’expliquer :
Toi qui es coupable, tu seras meurtrier !
Mon amant, entends mon sang bouillir en dedans !
Mon sang, infâme et coupable brasier ardent !
Par ma faconde observe mes feux furieux
Fuis, fou, ou ma folie frappera tes yeux.
Non ; demeure. Mais, ah ! détourne le regard.
J’ignore si l’Amour use encor de son dard
Pour te prévenir de mon vil crime odieux
Et sauver ce qui nous est cher à tous les deux,
Ou si ma Haine t’interdit la cécité,
Car sans yeux, tu ne saurais être terrifié.
Tu me chasses, moi qui t’aime, Je te déteste,
Tu me laisses pour un hymen tout sauf funeste !
Tu profitas de moi ; tu profiteras d’elle.
Ton pragmatisme sera puni par le ciel.
Peu m’importe de finir ma course aux Enfers ;
Ton bonheur finira broyé entre mes serres !
Je prendrai mes puissants poisons et mes poignards
Je prouverai que ton cœur est celui d’un couard !
Ton sang de traître et mon sang maudit vont mourir
Nos deux enfants chéris vont périr pour le pire !
Tu perdras tout ce qui t’est précieux dans les flammes
Après que ma main douce a joué de la lame !
Créon et Créuse sont déjà des carcasses !
Vois ma vengeance peser de toute sa masse !
Déjà tu n’as plus d’avenir, ni de présent,
Bientôt ton passé sera souvenir sanglant !
Tu vas craindre Médée.