strummerr:

the world at 3am: zzzzzz 💤😴🌙⭐️🌟💫✨🌌🌃

some dickman outside with his car or motorcycle: BROOOM VVRHRHRHHDHGGG BRBFHYDYGHHHHHUUUH HHHBBRBRRRRRRBRBFBFBFFFFTTTRRR….. ……… BRBRBRBRBREBRBFBRBR

mushroompicking:

wish i were a resourceful little forest creature like in children’s books and fairy tales. oh to be a snail with a mushroom to call home or a frog with a maple leaf for an umbrella or a little mouse with a cozy sardine tin bed inside a hollowed out wall or a beetle with a matchbox garden patch or a squirrel with a little acorn hat for the winter

Il est venu pour moi un moment où, ne pouvant plus prononcer une seule parole claire, je n’ai pu davantage me résoudre au silence, qui s’établira toujours assez tôt. Il est difficile d’accepter ce qui bafoue la clarté, quand celle-ci a été si vive, si transparente.

Philippe Jaccottet, L’Obscurité

Quant à nous, maintenant, si fiers de notre pouvoir sur l’apparence, si nous redécouvrons le vide, quel pouvoir aurons-nous sur lui ? (…) Toutes les images enfuies, ce n’est même plus la nuit que nous affrontons, même plus cette obscurité vague dans laquelle je me trouve, même plus cette poussière sur un verrou de bronze, dans les profondeurs, même plus les profondeurs, même pas l’ombre, même plus un chaud trou dans la terre.

Philippe Jaccottet, L’Obscurité

Certains mots, on ne sait pourquoi, semblent indiquer des directions. On s’imaginerait alors, en les suivant, sortir du vide ; ce serait une erreur, mais le vide est insoutenable.

Philippe Jaccottet, L’Obscurité

Comment se fait-il que je n’aie pas cherché une autre issue ? Parce que je pensais les avoir toutes explorées ? Non. Mais parce que chercher ou ne pas chercher s’équivalait, à mes yeux, depuis que j’avais compris, ou plutôt éprouvé le pouvoir du temps. Tout s’aiguisait, en un sens ; mais tout s’émoussait aussi, parce que de toutes façons, celui qui gagnait, c’était le temps. Chaque question que j’aurais recommencé de poser raccourcirait un peu le délai qui me restait. Le temps gagnait comme le feu dans l’herbe. Cela m’a terrassé.

Philippe Jaccottet, L’Obscurité

Même l’amour, même les sourires ne m’ont pas gardé. Sans doute autais-je pu reprendre la lutte, recommencer à chercher, dans un autre sens éventuellement, défier le vide ; j’aurais dû le faire, pensez-vous. C’est que vous n’avez pas vécu encore ce moment ; vous avancez encore les yeux fermés, et même ce que je vous dis maintenant ne peut vous les ouvrir. Les expériences profondes ne sont pas entièrement communicables : l’essentiel reste inaccessible. Il y a une nuit dont on ne peut parler, mais dans laquelle il faut entrer pour s’apercevoir qu’elle est sans fond, sans fin.

Philippe Jaccottet, L’Obscurité

C’est la terreur du vide qui nous mène tous, et c’est pourquoi il faut se méfier beaucoup des théories qui tendent soit à nier, soit à cacher, soit à franchir le vide : nous sommes trop intéressés à leur succès. Nous combinerions n’importe quoi, vous le savez mais vous ne voulez pas le savoir, nous recourrions aux plus invraisemblables subterfuges (et même les plus honnêtes, les plus hardis d’entre nous) pour éliminer ce vide, d’une façon ou d’une autre. Car le penser n’est pas possible, le vivre non plus : j’en deviens la preuve.

– Philippe Jaccottet, L’Obscurité