epicene-street-light:

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je crois que je viens de me faire call out par mon critique littéraire préféré…

“Or l’exposé de cette jouissance risque d’exaspérer, car elle peut conduire les lecteurs – ou en tout cas certains d’entre eux – à se sentir exclus. Il n’est pas sûr qu’Oberman soit aussi ennuyeux parce qu’on y parle continûment d’ennui. Je ferais plutôt l’hypothèse inverse, en supposant que l’ennuyeux tient à la passion d’Oberman pour son sujet, passion qui l’isole de son public beaucoup plus que son thème ostensible. Ainsi en arrive-t-on à ce paradoxe, que l’on pourrait appeler «paradoxe d’Oberman»: plus l’écrivain parle de ce qui l’intéresse, et moins il a de chances d’intéresser lle lecteur. L’objet de cet «intérêt» ne désignant pas n’importe quel thème d’écriture, mais, au-delà des objets transitoires de discours, ces fantasmes qui le mobilisent et sont au cœur même de son désir. Un objet si singulier, et appelant une écriture si spécifique, qu’on pourrait le définir comme étant très précisément ce à quoi les autres n’ont pas accès. Dire que l’écrivain a toutes les chances d’ennuyer quand il parle de ce qui l’intéresse n’équivaut pas à dire qu’il ennuie nécessairement quand il parle de lui. Outre qu’il est impossible de faire autrement, parler de soi-même n’implique pas de susciter l’ennui, et ce ne sont pas les autobiographies passionnantes qui manquent. C’est l’objet de son désir qui est en cause, ou plus précisément ce lieu extrême du désir que l’Autre ne peut atteindre et dont l’exposition le rejette, dans la mesure où elle implique un mouvement d’exclusion de ce qui n’est pas soi.La marge ici est étroite. Il n’y a pas de texte intéressant où l’écrivain n’engage son désir, et c’est pourtant cet engagement qui est le plus susceptible de l’isoler. Si l’écrivain met en scène des fantasmes partageables, il peut espérer séduire ou garder ses lecteurs. S’il s’engage dans une fantasmatique trop privée (comme ici la passion pour le vide), il court le risque de les perdre. D’où la difficulté à susciter cette aire d’échanges inconscients sans laquelle la communication a vite fait de se rompre.

(Pierre Bayard, Comment ennuyer le lecteur) (je souligne btw)

“s’il s’engage dans une fantasmatique trop privée (comme ici la passion pour l vide), il court le risque de perdre ses lecteurs”

“comme ici la passion pour le vide”

… 

*jette un regard à mon recueil de poèmes abscons sur le vide*

hum. 

“La conclusion qui semblerait s’imposer, à la fin d’un texte que j’espère, pour les raisons évoquées, le plus loin possible de mes préoccupations profondes, est que le meilleur moyen de ne pas ennuyer l’Autre est de l’entretenir de ce qui ne nous intéresse pas. Formulation certes excessive, puisque seul le désir est à même de susciter de l’écriture véritable, mais qui a le mérite de rappeler que l’écriture est une formation de compromis subtile entre fantasmes collectifs et fantasmes privés, entre ce qui concerne chacun et ce qui nous motive en propre.Passionné par notre sujet – celui-ci fût-il, comme chez Senancour, l’amour du vide –, nous risquons toujours d’oublier que la communication théorique s’apparente en plus d’un point à la communication amoureuse, et qu’elle vit, comme elle, sous la menace permanente de la jouissance solitaire.”

oKAY GROS OKAY OKAY OKAY 

ON ARRETE TOUT JE VIENS DE TROUVER UN ARTICLE QUI S’APPELLE “EN REPONSE A “COMMENT ENNUYER LE LECTEUR” 

j’espère que vous êtes prêt.e.s pour The Academic Salt™ parce que wolàlà ça envoie 

“L’Atelier de théorie littéraire de Fabula a publié au début de l’été 2013 un article de Pierre Bayard intitulé: «Comment ennuyer le lecteur?» dont le propos se définit comme suit: «Que devons-nous donc faire, quand nous écrivons sur la littérature, pour éviter d’être ennuyeux, ou, si nous avons fait le choix inverse, pour nous donner les meilleures chances de l’être?». Cette interrogation paraît supposer le public incapable d’accorder le moindre segment de temps cérébral à l’attention requise pour d’authentiques analyses littéraires, et prétend en outre attester la décision perverse d’ennuyer le lecteur qu’impliquerait souvent, volens nolens, la vocation d’écrire.S’il ne s’agissait que d’une provocation de plus, il n’y aurait pas là de quoi fouetter un chat de Schrödinger. J’admets d’ailleurs que la question de l’ennui (celé au geste d’écrire et/ou signalé par indubitable KO du lecteur) puisse être constituée en objet de théorie littéraire (quoique selon de plus sérieux considérants que ceux à ce jour avancés par P. Bayard): en ces matières spéculatives, ma bonne volonté est presque infinie — quoique dubitative. En revanche, ce qui m’incite à réagir énergiquement à cet article, c’est que les trois quarts du propos sont dévolus à mettre à mal une œuvre Obermannde Senancour — que j’apprécie fort quant à moi, au seul prétexte de l’ennui que provoquerait universellement sa lecture.”

est-ce que…………………………. est-ce que c’est du fandom drama……………………….. sur un auteur pré-romantique né en 1770………………………………………. 

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