(Après avoir réussi à s’échapper du festin de Trimalchion, et après une lacune du texte, nous retrouvons Encolpe et Giton lors d’une nuit d’amour.)
Qualis nox fuit illa, di deaeque,
quam mollis torus ! Haesimus calentes
et transfudimus hinc et hinc labellis
errantes animas. Valete, curae
mortales. Ego sic perire coepi.
Sine causa gratulor mihi. Nam cum solutus mero remisissem ebrias manus, Ascyltos, omnis iniuriae inuentor, subduxit mihi nocte puerum et in lectum transtulit suum, uolutatusque liberius cum fratre* non suo, siue non sentiente iniuriam siue dissimulante, indormiuit alienis amplexibus oblitus iuris humani. Itaque ego ut experrectus pertrectaui gaudio despoliatum torum, si qua est amantibus fides, ego dubitaui, an utrumque traicerem gladio somnumque morti iungerem. Tutius dein secutus consilium Gitona quidem uerberibus excitaui, Ascylton autem truci intuens uultu : “Quoniam, inquam, fidem scelere uiolasti et communem amicitiam, res tuas ocius tolle et alium locum, quem polluas, quaere.” Non repugnauit ille, sed postquam optima fide partiti manubias sumus : “Age, inquit, nunc et puerum diuidamus.”
– Pétrone, Satiricon, 79.
Quelle nuit fut cette magnifique nuit, dieux et déesses,
combien le lit fut doux ! Nous étions enlacés, brûlants,
et nous échangeâmes sur nos lèvres, de-ci de-là,
nos souffles défaillants. Adieu, soucis
mortels. C’est ainsi que je me mis à mourir.
Je me félicite sans raison. En effet, alors que, amolli par le vin, j’avais ôté mes mains ivres de Giton, Ascylte, inventeur de toute injure, m’enleva l’enfant dans la nuit et le transporta dans son lit, et, s’étant vautré avec mon frère, qui n’était pas le sien, en toute liberté – soit que Giton ne ressentît pas le préjudice soit qu’il fît semblant – Ascylte s’endormit dans des étreintes qui ne lui appartenaient pas, ayant oublié le droit humain. Aussi, quand, sorti de mon engourdissement, je palpai le lit dépouillé de ma joie – si les amants ont une parole fiable – je me demandai si je transpercerais l’un des deux de mon épée, et si je ne lierais pas leur sommeil à leur mort. Ensuite, je suivis un avis plus prudent, mais du moins, je fis lever Giton à coups de fouet ; quant à Ascylte, je lui dis en le fixant du regard, avec un visage farouche : “Puisque tu as violé, par ton crime, notre confiance et notre amitié commune, enlève tes affaires, plus vite que ça, et cherche un autre lieu à souiller.” Il ne résista pas, mais, après que nous ayons partagé au mieux notre argent, il dit : “Allons, maintenant, partageons aussi l’enfant.”
*frater dans le Satiricon est quasiment synonyme d’amans (l’amant)
= be gay, and overdramatic. Sois prêt à brandir ton épée si on te pique ton chéri, et vire ton pote dans la foulée. (et encore je me suis arrêtée là, mais y’a tout un passage après où Giton décide de suivre Ascylte, ce qui plonge Encolpe dans une terrible dépression. Il traverse la ville l’épée à la main prêt à tuer tout le monde et surtout son voleur, avant de se faire remettre à sa place par un garde.
En gros : le poème du début : sublimation de la passion qu’éprouve Encolpe, mais ça tombe à plat avec ses réactions excessives et la perte de Giton.
“Et plus vite que ça !” Hjdhdhqhdhs this is gay culture