“A Caninius Rufus. Comment va notre ville de Côme, que nous aimons tant toi et moi? ta maison si agréable, ton portique toujours printanier, l’ombre délicieuse de tes platanes, le canal où se reflètent la verdure et l’éclat du ciel avec le bassin en contrebas pour recueillir les eaux, l’allée au sol souple et ferme à la fois, les bains arrosés, inondés de soleil, les salles à manger remplies de monde ou réservées aux intimes, les chambres à coucher pour la sieste ou pour la nuit? Restes-tu chez toi, te promenant d’un endroit à l’autre, ou l’administration de tes biens te contraint-elle comme d’habitude à de fréquents voyages qui t’arrachent à ces plaisirs? Si tu restes chez toi, tu es un homme heureux et comblé. Dans le cas contraire, tu es “le premier venu”. Laisse aux autres les soucis bassement matériels, il est grand temps de le faire, et consacre-toi à tes recherches dans le calme d’une retraite confortable! Que cela te serve de métier et de délassement, d’occupation et de repos. Passes-y tes soirées, passes-y même tes nuits. Façonne, fabrique un ouvrage qui porte éternellement ta marque. Après toi, ta maison passera à un autre propriétaire, puis à un autre, tandis que ton oeuvre ne cessera jamais de t’appartenir du jour où tu l’auras commencée. Je sais à quelle intelligence, à quel talent j’adresse mes encouragements. Apprécie-toi seulement autant que tu sauras te faire apprécier quand tu auras pris conscience de ta valeur. Adieu.”
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Pline le Jeune, Lettres, I, 3 (traduction d’Annette Flobert).
Acceptez ces encouragements de Pline !!!
Merci Pline !!